BONJOUR L'ASILE de Judith Davis
Jeanne quitte quelques jours le stress de la vie urbaine pour aller voir sa grande amie Elisa, récemment installée à la campagne. Au cœur des bois voisins, un château abandonné devenu tiers-lieu, foisonne d’initiatives collectives. Elisa aimerait s'y investir, mais entre biberons et couches lavables, elle n'en a pas le temps. Jeanne, en militante des villes, n'y voit aucun intérêt. Quant à Amaury, promoteur en hôtellerie de luxe, le château, lui, il veut l'acheter. Tous trois convergent malgré eux vers ce lieu d’entraide et de subversion... Mais combien de temps cet asile d’aujourd’hui pourra-t-il résister à ce monde de fou ?
Subir quotidiennement la négation de la démocratie et des urgences sociales au profit d’une finance anonyme et violente, le bétonnage systématique d’une planète à bout de souffle, l’apologie d’une ère numérique qui nous soumet, la condescendance des hiérarchies, souvent masculines, le poids de la charge familiale où l’envie de bien faire nous piège par l’épuisement… Cette liste sans fin me donne la sensation que le monde a basculé dans une parodie officielle invivable. A cette folie nous sommes confrontés en permanence, mais le plus souvent seul.es : son foyer, son couple, son fil d’infos... Que faire alors de nos émotions en dents de scie, allant de l’angoisse pure au déni, de l’envie d’être-avec à celle de se mettre à l’abri ? Mon but est de hisser ces impasses existentielles de leur sphère intime et privée jusqu’à leur dimension collective. Si Tout ce qu’il me reste de la Révolution, mon premier film, posait le constat de la nécessité d’une reprise de la parole, j’ai essayé avec ce nouveau film de proposer. Bonjour l’Asile rêve un lieu de joie, d’altérité, d’entrainement au décentrement et d’inventions de façons de vivre susceptible de soigner nos imaginaires pollués par les banques d’images publicitaires. Et comme l'humour nous fédère, commençons par rire ensemble de ce qui nous arrive !
Judith Davis
Avec: Claire Dumas, Nadir Legrand, Judith Davis, Mélanie Bestel, Maxence Tual, Simon Bakhouche
SCÉNARIO - Judith Davis et Maya Haffar
IMAGE - Tom Harari
SON - Jean-Barthélémy Velay, Alexis Meynet, Aymeric Dupas
DÉCORS - Aurélien Maillé
COSTUMES - Marta Rossi
MONTAGE - Clémence Carré
MUSIQUE - François Ernie
PRODUCTION - Agat Films - Patrick Sobelman
COPRODUCTION - Apsara Films - Marine Arrighi de Casanova
PARTENAIRES - Canal+, Ciné+, Région Bretagne, CNC, Cinemage 18, Cinecap 7, Indéfilms 12, Micro Climat, TSF, Sacem
DISTRIBUTION - UFO Distribution
VENTES INTERNATIONALES - Totem Films











LES COSTUMES D'ART BRUT
Plusieurs costumes du film ont été inspirés aux costumes réalisés par des artistes d'art brut. L'art brut comme prise au sérieux de la différence.
Le Roi Assyrian
est inspiré au costume confectionné par Vahan Poladian, artiste d’art brut. Né à Césarée, en Arménie, il est confronté au génocide de son peuple et à la mort de son père et de son frère aîné, il quitte son pays lors de l’invasion de l’Arménie par la Turquie et la Russie, et s’installe à Cuba, avant de rejoindre une tante exilée à Paris. Peu après, il se marie et devient père d’un enfant, mais la Seconde Guerre mondiale entraîne pour lui un nouvel arrachement familial. Mobilisé et enrôlé dans les troupes françaises, il est fait prisonnier par les Allemands. Libéré au terme du conflit, il se retrouve seul et déraciné, et rejoint le Home arménien de Saint-Raphaël. Les seize années passées au sein de cette institution sont caractérisées par un repli autistique et une ardeur créatrice. Chineur et brocanteur par passion, il récupère toutes sortes d’objets hétéroclites, avec lesquels il fabrique des costumes scintillants, ainsi que des accessoires. Il les revêt au cours de ses parades quotidiennes dans les rues de la ville, célébrant la splendeur orientale de son pays natal.
L’homme serpillère
est inspiré au costume confectionné par Giuseppe Versino (1882-1963), patient d’un hôpital psychiatrique turinois, à l’aide de serpillières effilochées. Chaque jour il récupérait les torchons usés et en défaisait des fils, grâce auxquels il se tissait des habits d’empereur. Et chaque jour il se paraît de cet habit de dignité pour faire le ménage.
Bravo Léa Toul qui a collaboré avec moi à la création costume de l’homme serpillère.
Le dieu-deliveroo
a été conçu pour le personnage de Moussa en suivant la même démarche des artistes des costumes d’art brut.
Nous avons cousue une grande cape faite de t-shirt deliveroo démontés et re-assemblés, et nous l’avons accroché au typique sac-cube des livreurs à vélo ou à scooter.
Ou comment s’extraire d’une condition subie et la trascender tout en dénoncent les inégalités et les injustices dont il est responsable la société capitaliste.

